J’ai 42 ans. Ma conscience politique s’est éveillée à l’ombre de Zola, Vallès et Lavilliers (personne n’est parfait). J’ai eu la chance de monter dans l’un des derniers ascenseur social. J’observe une société qui s’éloigne à la vitesse V de mon idéal. Le fond de ma philosophie politique est internationaliste et bien plus radicale que celle de la gauche du parti socialiste. Profondément démocrate et républicain néanmoins, pragmatique pathologique, j’ai toujours donné mes suffrages au parti socialiste que j’ai rejoint en août dernier. A un moment où j’ai réconcilié mes révoltes et mon pragmatisme. A un moment où la tendance à l’égoïsme et à l’individualisme dans notre pays me sont apparues par trop intolérables.
Je soutiens la candidature de Dominique Strauss-Kahn. Par pragmatisme toujours, et surtout, par une lecture attentive de ses propos (" 365 jours ", discours de Lens, d’Alfortville…). La clarté de la vision de DSK est la seule qui soit conforme à mes exigences intellectuelles. Sa méthode est la seule qui soit en accord avec l’éthique que je réclame du corps politique. Son discours est le seul qui colle à mon idéal socialiste. Ses priorités sont les miennes : corriger les inégalités dès la naissance ; ne plus faire du chômage une tare mais une simple péripétie, occasion de commencer une nouvelle vie ; œuvrer pour laisser une terre pérenne à nos enfants ; sortir l’Europe de l’ornière dans laquelle une vision du monde trop libérale l’a conduite…
L’état du monde et de la France, les phénomènes économiques et sociologiques que nous connaissons ne nous autorisent pas à tout promettre mais nous contraignent à une obligation de résultat. Le plus à gauche possible mais pas plus à gauche que possible : voilà ce que j’attends du candidat à l’élection présidentielle. Il résume selon moi la seule manière d’avancer dans la bonne direction, au meilleur rythme, sans conduire ni à l’échec - et aux victoires répétées de la droite-, ni à des catastrophes comme celles qui jalonnent l’histoire des révolutions. C’est ce que je lis entre les lignes des propos de Dominique Strauss-Kahn et c’est tout le sens de mon engagement.
Claude Piriou
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