Pour moi, Dominique Strauss-Kahn, c'est le candidat qui
incarne le mieux ce que le Parti Socialiste actuel est, peut
être et doit être, .
Dominique Strauss-Kahn, c'est le choix d'un parcours
cohérent au service des forces de progrès.
Enfin, Dominique Strauss-Kahn, c'est aussi le choix du
candidat qui, le mieux, saura réunir derrière lui l'ensemble des forces
socialistes car il ne cristalise aucune des tensions qui pèsent sur ses deux
compétiteurs. C'est aussi le choix du candidat qui sera le mieux armé pour défendre un projet de
gauche face à une droite dangereusement inquiétante.
Au lendemain du dernier débat d'investiture, DSK a répondu sur RTL aux questions de Jean-Michel Aphatie.
Extraits:
Pour arriver à battre Nicolas Sarkozy, il ne suffit pas de bonnes paroles, il faut avoir une proposition, un chemin pour le pays, à Gauche bien sûr ; mais un chemin praticable, un chemin que l'on peut empreinter et qui permet d'écarter la sorte d'alignement sur le modèle américain que nous propose Nicolas Sarkozy.
La révolution dans laquelle nous allons vivre en matière
d'environnement est la chose la plus décisive, sans doute, des années
qui viennent. Toute la politique économique du gouvernement doit y être
consacrée parce que ça n'est pas simplement le ministère de
l'environnement qui est en cause, c'est ce qu'on fait en matière de
logement, en matière de transport, en matière de politique
industrielle. Si on veut véritablement changer les choses, et moi je le
veux, il faut que l'ensemble de la politique du gouvernement soit
soumise à ce nouvel objectif qui est de -finalement- de sauver la
planète.
Sur son blog, Jean-Michel Aphatie dresse un bilan critique des prestations de Ségolène Royal aux débats d'investiture: Sans doute, Ségolène Royal, grande
favorite de la compétition interne, a-t-elle montré à des moments des
faiblesses évidentes par rapport à ses deux compétiteurs. Elle a paru
parfois improviser des réponses, celle de l'ouverture des conseils des
ministres aux caméras de télévision par exemple, ou, plus significatif,
les réponses répressives à apporter aux agissements des délinquants
mineurs. Elle a paru aussi parfois donner le sentiment de mal connaître
certains dossiers importants, celui majeur de la prolifération
nucléaire évoqué hier soir. Elle a enfin si souvent évoquée la région
Charente-Poitou qu'elle a elle même légitimée l'ironie de ses
adversaires qui lui ont rappelé que la France n'était pas une addition
de régions, mais un espace politique propre et particulier.
Alors que Le Monde la qualifiait dans son édition d'hier d'"opiniomane", il semble qu'au fil des jours les sondages, ces baromètres de la médiacratie, enregistre le tassement régulier de la côte de Ségolène Royal au fil des débats: entre le premier et le dernier débat, + 9 points pour DSK, -8 points pour SR selon le sondage Opinionway-Le Figaro-LCI . Ironie du sort, c'est celui qui surfe le moins sur l'opinion qui semble maintenant avoir la faveur des sondages! Selon le Sondage
IFOP-Paris Match (réalisé les 2-3 novembre, par rapport à octobre), DSK recueille désormais 62 % (+2) d'opinion favorables contre 64 % (-5) à Ségolène Royal.
De quoi faire réfléchir ceux qui ont l'art de se ranger derrière les favoris...
Dans un entretien qu'il a accordé le 30 octobre 2006 à la revue Sens Public, intitulé La pré-campagne médiatique est une forfaiture, Michel Rocard fustige le 4ème pouvoir: Le système médiatique fait le calendrier et sélectionne candidats et enjeux.
Interrogé sur les "jurys populaire", il rétorque: Je pense que les jurys populaires sur les élus confinent à lastupidité.
Il est dangereux de court-circuiter les élus. On a déjà assez de mal à
faire valoir les élections, les comptes-rendus de mandats, et autres
dispositifs. Rajouter une autre surveillance diminuera la mobilisation
des électeurs. C'est faire peser sur les élus des pulsions instantanées
via la démocratie directe, alors que la démocratie représentative sert à amortir les chocs. Cette fonction là doit être préservée. Il faut prendre de la distance, la représentation sert à cela. J'y suis donc hostile.
Dans un entretien publié dans le journal
le 4 novembre dernier (lire l'intégralité ici), 3 journalistes ont conduit DSK à se comparer à ses concurrents à l'investiture et à démontrer que sa candidature fait la synthèse des 2 autres. Avec Laurent Fabius, il partage une même conception de la politique, fondée sur la responsabilité et la conviction. Ils s'opposent ainsi à la démocratie d'opinion qu'entend développer Ségolène Royal (ex: jurys citoyens, référendum sur la Turquie). Il le rejoint également sur la primauté des questions économiques et sociales, alors que leur rivale pense qu'il faut prioritairement rétablir un ordre qu'elle dit "juste". Il se démarque toutefois de Laurent Fabius sur les questions européennes et le juge trop étatiste. Avec Ségolène Royal, il partage la même volonté de rénover le parti, la vie politique et le pays. Mais il rejette sa conception d'une société de la suspicion généralisée pour lui préférer un société de la confiance et de la négociation. Se méfiant de sa stratégie, à la merci d'une opinion contradictoire et versatile, il lui préfère un président engagé capable de mener les réformes, d'aider les salariés dans la négociation et de démissionner si les suffrages le désavoue. DSK jette ainsi les bases de la synthèse!
Morceaux choisis: Ce serait la première fois que la droite imposerait à la gauche son candidat! Faire passer les réformes par la négociation, (...) branche par branche. N'allons pas inventer des choses que l'on ne peut pas réaliser et qui à terme se retournent contre nous, contre la France.
Le 30 octobre 2006, à Boulogne sur Mer DSK propose de passer un "contrat de confiance" avec les électeurs pour trouver un nouveau rapport de la politique et de la gauche, à la vérité. Il souligne qu'on ne gagne jamais sur le terrain de l'adversaire.
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