J'ai assisté, au Zénith, au débat régional d'investiture du PS. A lire les différents commentaires, il est permis de se demander si tous les acteurs et participants ont assisté à la même soirée. Pour ceux qui n'étaient pas présents et qui voudraient se faire leur propre opinion je mets en ligne le son des interventions des 3 candidats.
Je tiens à préciser les points suivants
- Premier intervenant, Laurent Fabius a été le premier a essuyé les sifflets, notamment venus des partisans de Ségolène Royal.
- Ségolène Royal, en s'appuyant sur des enquêtes d'opinions dont tout le monde connaît la fragilité a d'abord flatté les élus locaux que leurs administrés jugent "parfaits" pour ensuite exposer la crise démocratique et remis en cause les "politiques" en général. Flottement chez bon nombre d'élus, qui ont adopté pour le moins une attitude de réserve, certains en aparté regrettant leur soutien hâtif...
- Certains de ses partisans ont reconnu que son discours d'émotion (La démocratie c'est comme l'amour: plus il y a, plus elle grandit) qui passe bien dans l'atmosphère policée des médias, est moins adapté au contexte d'une intervention publique où toute la salle ne lui était pas acquise. Qui a peur du peuple? Qui a peur des militants? Celle qui veut connaître les questions à l'avance ou ceux qui se plaignent du manque de spontanéïté des interventions?
- Laurent Fabius et surtout DSK ont su dialoguer par moment avec la salle, sachant faire face aux quolibets qui leur ont aussi été lancés. Nous attendons d'un(e) capitaine qu'il (ou elle) sache naviguer par gros temps.
- DSK a su, comme le soulignait pertinemment Philippe SARRE a l'issue de cette soirée, être le plus moderne de la gauche et le plus à gauche des modernes. Les partisans de Laurent Fabius qui nous entouraient n'ont pas caché qu'ils voteraient pour lui en cas de deuxième tour. Pas étonnant qu'il ait été le plus écouté...
Jean-Philippe ALQUIER

“La démocratie c'est comme l'amour: plus il y a, plus elle grandit”
La carotte ? c’est osé comme discours... ;-)
Fabius n’a pas pris la température de la salle avec son ton mortuaire. Il n’a pas senti la salle. Ça arrive...
Proposer d’appliquer le projet du parti socialiste, quel inventivité...
Ce n’est pas imagé, c’est descriptif et vieillot, le style de discours qui ne passe plus. Impossible d’enflammer l’imaginaire. Sur l’Europe il n’a pas trouvé le ton pour ceux qui ont voté oui. Déjà il n’y croit plus. En un mot il est à coté de la plaque, je n’arrive pas à l’écouter jusqu’au bout malgré l’enflure de la voix. Cela ne passe pas, désolé Fabius.
Ségolène démarre pas mal, un peu longue dans ses remerciements. Cela lui permet d’avoir des applaudissements faciles. Mais elle est tombée sur une salle parigote, frondeuse, ironique, et n’a pas su s’y adapter. Son débit mécanique finit par hérisser et lasser. Elle n’a pas su gagner la salle. Et refiler en douce son désir d’avenir à lâché les vannes du public. Sa voix s’est crispée, et ça elle ne peux pas le contrôler, le stress ressort. C’est un cercle vicieux. Elle va droit dans le mur. Elle perd le ton et l’intonation. Cela devient difficile à l’écouter. Ce n’est pas un bon orateur en un mot. Quand on l’applaudit sa voix s’adoucit. C’est une émotive qui se crispe quand les circonstances lui sont défavorables. A la fin, tout le monde pète les plombs. Quelle ambiance.
Le PS est devenu un parti réellement démocratique, les militants s’expriment, on n’arrivera plus à les faire taire. Il faudra faire avec.
Du coup les lapsus fusent, son discours bloque et devient haché. Plus personne ne suit, on ne guette plus que ses dérapages, le public est cruel, mais c’est la règle du jeu.
Au final une prestation médiocre dans la forme et dans son fond. Pas de feu interne qui l’habite, un discours de sous-préfet. A Toulouse, ils vont jouer de la trompette comme dans l’arène et il feront Olé.
Sur l’Europe, rien. Elle n’a pas su sauter l’obstacle. Une litanie comme Arlette sait si bien les faire. Elle a ressortis le hochet de “par la preuve”.
Elle rejoint Krazuki comme orateur fétiche de la gauche. Un trou était vide, elle l’a comblé. Seule... la messe est dite.
Reste le Président, la salle se réchauffe. Il est dans le bain. Il parle politique. Il veut faire gagner le PS encore et encore. Il parle comme un socialiste, avec cœur et panache. Il décrit son action future. Progresser, encore et encore. Lutter contre la discrimination.
La salle est conquise et suit.
Rédigé par: jpb | 30 octobre 2006 à 02:50